Com d'Afrik

Gabon : Souveraineté économique, entre ambitions nationales et dépendance étrangère

Le ministre d’État en charge de l’Économie, Henri-Claude Oyima, a rappelé avec force : « On ne peut prétendre vouloir la souveraineté économique tout en la laissant entre les mains de non-Gabonais. »

Malgré ses richesses naturelles, sa jeunesse formée et ses réformes institutionnelles, le Gabon peine à confier ses secteurs stratégiques à ses propres citoyens, laissant souvent les postes clés aux expatriés, au nom d’une compétence supposée.

Pourtant, quelques signaux encourageants émergent : la BCEG, 100 % gabonaise, la gabonisation des stations-service, les startups locales comme POZI, ou encore le programme « 1 étudiant, 1 ordinateur ».
Mais pour passer de l’intention à la réalité, il faudra former, accompagner et surtout faire confiance aux talents gabonais.

La souveraineté économique se construit par des Gabonais, pour les Gabonais. Aujourd’hui, des investissements étrangers massifs illustrent le défi :

  • Agroalimentaire : la holding turque Hakan Kiranl va implanter une usine de production de poulets de chair et d’aliments au Gabon, secteur estimé à 70 milliards FCFA par an.

  • Huile raffinée : l’entreprise canadienne Njemoka Industries prévoit de produire de l’huile de Canola dans trois provinces.

  • Agriculture : le groupe marocain Green Med sollicite 2 000 hectares pour des cultures maraîchères (oignon, pomme de terre, maïs, soja…).

Ces projets montrent que si le Gabon attire des investisseurs étrangers, la mainmise nationale sur son économie reste limitée, mettant en lumière le défi de la véritable souveraineté économique.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

La question de la souveraineté économique au Gabon dépasse la simple accumulation de ressources ou la mise en place de réformes.
Elle repose sur l’appropriation locale des leviers de production, la valorisation des compétences nationales et la capacité à transformer les opportunités en contrôle économique durable.

Pour Com d’Afrik, l’enjeu est clair : sans une stratégie nationale volontariste qui combine formation, financement et confiance envers les Gabonais, le pays continuera à perdre le contrôle de ses secteurs clés au profit d’acteurs étrangers, même lorsque les investissements créent de la valeur localement.
La souveraineté économique est donc un chantier autant culturel que stratégique, où la transformation de la mentalité nationale est aussi importante que les infrastructures ou les capitaux.

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