TotalEnergies EP Gabon : vers un retrait progressif ou simple réorganisation stratégique ?
Com dAfrik / 2 semaines
20 octobre 2025
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Depuis plusieurs mois, un vent d’inquiétude souffle au sein de TotalEnergies EP Gabon.
Entre cession d’actifs, réduction des moyens de communication et revente de sites emblématiques — dont le siège de Libreville et la clinique de l’entreprise —, les salariés s’interrogent : la major pétrolière prépare-t-elle discrètement son départ du pays ?
Ces décisions, présentées par la direction comme des mesures d’optimisation et de rationalisation, sont perçues différemment par le personnel, qui y voit un désengagement progressif.
Lors de l’assemblée générale du 24 septembre dernier, les employés ont exprimé leurs vives préoccupations, réclamant le respect des accords collectifs et la mise en œuvre d’un supplément d’intéressement, conformément à l’article 7 du protocole d’intéressement.
La tension s’est accentuée avec le licenciement contesté de deux employés gabonais, officiellement pour « échec à une formation certifiante ».
Les syndicats dénoncent une violation du Code du travail et une politique de compression salariale déguisée, privilégiant les résultats financiers au détriment des droits des travailleurs.
Face à ces bouleversements internes, les salariés appellent également à la mise en place d’un accompagnement psychologique et de meilleures conditions de travail, soulignant la détérioration du climat social.
Avec la réduction des activités locales et la vente progressive de ses actifs, une question s’impose :
➡️ TotalEnergies EP demeure-t-elle un acteur durable de l’économie gabonaise, ou amorce-t-elle un retrait silencieux ?
L’évolution récente de TotalEnergies EP au Gabon met en lumière une tendance mondiale des majors pétrolières : recentrer leurs activités sur les marchés à forte rentabilité, tout en cédant progressivement leurs actifs dans les zones jugées “matures” ou moins stratégiques.
Le cas du Gabon n’échappe pas à cette logique.
Pour Com d’Afrik, ces signaux — ventes d’actifs, restructurations, compressions — traduisent un repositionnement profond de la filiale, peut-être précurseur d’un désengagement plus large du groupe.
Mais au-delà des chiffres, c’est la dimension sociale qui interpelle : dans un pays où le secteur pétrolier reste un pilier de l’économie, chaque décision de cette ampleur touche directement des centaines de familles, mais aussi l’équilibre socio-économique national.
Le gouvernement, les syndicats et la société civile devront donc redéfinir le cadre du dialogue social avec les multinationales, afin de préserver à la fois les emplois, la souveraineté énergétique et la transparence dans la gestion des ressources.
TotalEnergies, acteur historique au Gabon depuis plus de 90 ans, a un rôle à jouer : celui d’un partenaire responsable, engagé non seulement dans la production, mais aussi dans la stabilité sociale et la durabilité économique du pays.