Exportations pétrolières : l’Asie, premier partenaire du Gabon en 2024
Com dAfrik / 2 semaines
20 octobre 2025
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L’année 2024 a été marquée par une reprise mesurée mais significative du secteur pétrolier gabonais.
Selon le tableau de bord économique de la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale, la production nationale de brut a progressé de 3,1 %, atteignant 11,51 millions de tonnes métriques (soit environ 84 millions de barils).
Une performance attribuée à la mise en exploitation de nouveaux gisements, à la réhabilitation de sites anciens et à la modernisation des infrastructures de production, malgré un environnement mondial instable dominé par les tensions géopolitiques et la prudence de l’OPEP+.
Le secteur a toutefois connu quelques perturbations logistiques, notamment suite à l’explosion sur la plateforme Becuna et à des fuites récurrentes sur le pipeline d’exportation, ralentissant temporairement les flux vers le terminal.
Malgré cela, le Gabon a maintenu son rôle d’acteur énergétique régional, avec des exportations en léger repli de 0,1 %, pour s’établir à 10,58 millions de tonnes.
🌏 L’Asie, principal débouché du pétrole gabonais
En 2024, la région Asie-Pacifique a absorbé près de 75 % des exportations de brut gabonais, confirmant son statut de partenaire commercial stratégique.
Ce dynamisme contraste avec la baisse de la demande en Europe, désormais reléguée à 12 % des exportations, tandis que l’Amérique latine et les Caraïbes représentent environ 13 %.
Cette orientation vers l’Asie illustre une tendance plus large du marché africain : la montée en puissance des pays asiatiques comme moteurs de la demande énergétique mondiale, face à un Occident en transition vers les énergies renouvelables.
Côté prix, la tendance reste modérément baissière :
le Brent s’est établi à 80,76 USD/baril, soit une baisse de 2,2 % ;
le panier de bruts gabonais s’est contracté de 1,8 %, à 79,03 USD/baril.
Le franc CFA, légèrement déprécié face au dollar (-0,04 %), a eu un impact marginal sur les recettes, qui demeurent à des niveaux jugés stables et soutenables par les opérateurs.
Derrière ces chiffres, Com d’Afrik observe une double réalité : d’un côté, une résilience opérationnelle remarquable du secteur pétrolier gabonais, et de l’autre, une dépendance accrue à la demande asiatique, qui pourrait à terme fragiliser la diversification économique du pays.
Le Gabon profite d’un ancrage fort dans les échanges avec l’Asie, mais cette concentration expose le pays à la volatilité de ces marchés et aux nouvelles stratégies énergétiques de puissances comme la Chine et l’Inde, de plus en plus tournées vers des modèles bas carbone.
Pour Com d’Afrik, le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire ou d’exporter plus, mais de réinventer la valeur ajoutée nationale :
➡️ en développant des infrastructures locales de raffinage,
➡️ en stimulant la transparence et la gouvernance énergétique,
➡️ et en préparant activement la transition vers un modèle post-pétrolier.
En d’autres termes, le Gabon doit transformer sa force pétrolière en levier de souveraineté économique durable, en s’affranchissant progressivement de la dépendance aux cours mondiaux et à un seul bloc commercial.