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Enseignement supérieur privé : une impasse budgétaire aux lourdes conséquences pour les étudiants gabonais

Depuis trois années consécutives, les établissements privés d’enseignement supérieur réunis au sein de la Conférence gabonaise des grandes écoles et universités du privé (CGEUP) traversent une crise financière profonde et persistante.
Les années académiques 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026 ont été marquées par un même constat : le non-versement des frais de scolarité des étudiants boursiers par l’État, malgré plusieurs engagements officiels.

Ce retard de paiement a provoqué une asphyxie financière des établissements, confrontés à des dettes croissantes et à une trésorerie exsangue, rendant difficile le paiement du corps enseignant, la maintenance des infrastructures ou encore la tenue régulière des examens.

Pour tenter de sortir de cette impasse, la CGEUP a soumis plusieurs propositions au gouvernement :
💡 partenariats bancaires garantis par l’État,
💡 lettres de crédit,
💡 ou encore mécanismes de préfinancement.

Mais à ce jour, aucune solution concrète n’a été mise en œuvre, plongeant les universités privées dans l’incertitude.
Face à l’urgence, certains établissements envisagent désormais une mesure exceptionnelle : solliciter les parents d’étudiants boursiers pour un préfinancement temporaire des frais de scolarité, avec promesse d’un remboursement ultérieur par l’État.
Une décision délicate dans un contexte marqué par la vie chère, le chômage et la précarité.

Un paradoxe d’autant plus frappant que l’État prône la formation de l’élite nationale et la valorisation du capital humain, tout en fragilisant les structures censées en être les piliers.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Cette situation soulève une question de gouvernance et de priorités nationales.
Comment bâtir un système éducatif solide si les institutions qui forment la jeunesse sont laissées dans l’incertitude financière ?

Pour Com d’Afrik, cette crise ne se limite pas à un simple déséquilibre budgétaire : elle met en lumière une faille structurelle dans la relation entre l’État et les établissements privés, pourtant partenaires essentiels du développement de l’enseignement supérieur au Gabon.

Sans un réajustement rapide des politiques publiques et une clarification des mécanismes de financement, le pays risque de voir émerger une génération d’étudiants sacrifiés, privés de conditions d’apprentissage stables et de perspectives d’avenir.

Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité du système éducatif gabonais et la confiance entre les acteurs publics et privés qui se jouent.
Le temps presse : il s’agit désormais de passer des promesses aux actes.

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