Com d'Afrik

Législatives 2025 : une représentation féminine en progression, mais la parité reste un horizon lointain

Les résultats du second tour des élections législatives du 11 octobre 2025 marquent un tournant dans la reconfiguration politique du Gabon.
L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), parti soutenant le président Brice Clotaire Oligui Nguema, consolide sa domination avec 102 sièges sur 145, loin devant le Parti démocratique gabonais (PDG) qui en obtient 16.
Mais au-delà des équilibres partisans, un autre chiffre retient l’attention : 30 femmes ont été élues députées, soit 8 de plus que lors de la 13ᵉ législature.

Cette progression, bien que modeste, traduit une volonté d’ouverture accrue aux femmes dans la sphère politique nationale. Sur ces 30 élues, 24 siègent sous la bannière de l’UDB, dont 11 élues dès le premier tour. Le PDG en compte 5, tandis qu’Albertine Maganga Moussavou, du Parti social-démocrate, vient compléter cette représentation.

⚖️ Des avancées visibles, mais une parité encore fragile

Malgré cette embellie numérique, les femmes ne représentent que 20 % de l’ensemble des députés.
La parité politique, bien qu’inscrite dans les discours, reste encore loin d’être une réalité dans les institutions. Même si quatre sièges restent à pourvoir, leur répartition ne suffira pas à inverser la tendance d’une Assemblée toujours dominée par les hommes.

Il faut néanmoins saluer l’arrivée de nouvelles figures féminines, parmi lesquelles Laurence Ndong (Komo-Kango), Brigitte Onkanowa, ministre de la Défense (Sébé-Brikolo), Gninga Chaning Zenaba, et Marie Paulette Parfaite Amouyeme.
Des personnalités dont la présence pourrait impulser un souffle nouveau dans les débats parlementaires.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

Cette progression du nombre de femmes à l’Assemblée nationale traduit un signal encourageant, mais encore insuffisant au regard des enjeux de représentation équitable.
Com d’Afrik observe que si la féminisation du paysage politique gabonais progresse, elle repose encore largement sur la volonté des partis au pouvoir plutôt que sur une politique systémique d’inclusion.

La vraie question n’est plus seulement celle du nombre de femmes élues, mais de leur influence réelle sur les décisions politiques et législatives.
Pour atteindre une parité effective, le Gabon devra aller au-delà de la symbolique et instaurer des mécanismes contraignants favorisant la présence féminine dans toutes les instances de décision : investitures, gouvernance locale, institutions publiques.

Cette évolution représente une étape vers un changement culturel plus profond, où les femmes ne seraient plus perçues comme une exception politique, mais comme des actrices naturelles et indispensables de la gouvernance nationale.

 

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