Le Gabon entame un changement majeur dans sa politique environnementale. Depuis le 23 septembre 2025, la loi n°009/2024 du 5 août 2024 interdit désormais la fabrication, l’importation et l’usage des sacs plastiques à usage unique sur l’ensemble du territoire.
Une mesure saluée pour sa portée écologique, mais qui interroge sur la capacité d’adaptation des citoyens et des commerçants face à ce virage environnemental sans précédent.
Pendant des années, le sachet plastique a accompagné le quotidien des Gabonais — des marchés aux foyers, en passant par les cérémonies familiales. Pratique et bon marché, il s’est imposé comme un réflexe de consommation. Pourtant, cette habitude, désormais jugée nuisible, représente un danger silencieux : pollution des sols, atteinte à la faune marine, et risques sanitaires liés aux substances chimiques qu’il contient.
Selon plusieurs experts, un sac plastique peut mettre jusqu’à 400 ans à se décomposer, tout en libérant des particules toxiques dans l’environnement. Une réalité alarmante qui justifie cette interdiction, mais qui soulève un défi de taille : comment accompagner la population dans cette transition vers des alternatives durables ?
♻️ Une transition écologique… mais coûteuse
Les nouveaux sacs en papier ou en toile, désormais proposés dans les commerces, coûtent entre 100 et 650 Fcfa selon leur taille. Un coût supplémentaire qui pèse sur les ménages, déjà éprouvés par la hausse du coût de la vie.
Dans les marchés populaires, certains consommateurs regrettent un manque d’alternatives locales accessibles, tandis que d’autres saluent cette décision comme un acte fort pour la planète.
Le retour aux paniers artisanaux tressés — autrefois symboles de durabilité et de savoir-faire local — apparaît comme une solution culturelle et économique adaptée au contexte gabonais. Mais pour que ce changement s’ancre durablement, il faudra que les autorités soutiennent la production locale et sensibilisent efficacement les citoyens.
👁️ Le regard de Com d’Afrik
Cette interdiction marque sans conteste une étape décisive dans la transition écologique du Gabon, mais elle met aussi en évidence un paradoxe : la volonté politique existe, mais l’accompagnement social reste insuffisant.
Com d’Afrik observe que le succès de cette mesure dépendra moins du texte de loi que de la pédagogie et de la capacité d’inclusion économique des ménages modestes.
Il ne s’agit pas seulement de bannir un matériau, mais de changer des habitudes profondément ancrées dans le quotidien. Une véritable politique écologique ne peut être durable sans justice sociale : elle doit concilier protection de l’environnement et pouvoir d’achat.
La transition verte du Gabon est en marche — mais pour qu’elle tienne ses promesses, elle devra être progressive, inclusive et adaptée à la réalité des citoyens.