La crise politique malgache a franchi un nouveau cap ce mardi.
Le colonel Michael Randrianirina, s’exprimant devant le palais présidentiel d’Antananarivo, a annoncé la prise du pouvoir par l’armée, accompagnée de la dissolution du Sénat et de la Haute Cour Constitutionnelle.
« Nous prenons désormais les rênes du pouvoir. L’Assemblée nationale est maintenue pour assurer la continuité de l’État », a-t-il déclaré devant un parterre de soldats et de curieux rassemblés dans la capitale.
Cette annonce intervient dans un contexte d’instabilité grandissante.
Le président Andry Rajoelina, vivement contesté par la rue et désormais retranché dans un lieu tenu secret, venait lui-même de dissoudre l’Assemblée nationale quelques heures avant cette déclaration.
Réagissant à sa destitution, il a dénoncé une “réunion illégale et sans fondement juridique”, affirmant qu’il demeurait le seul chef légitime de l’État malgache.
📰 Le regard de Com d’Afrik
L’épisode malgache illustre une nouvelle fois la fragilité institutionnelle de plusieurs régimes africains confrontés à la crise de légitimité politique.
Entre un pouvoir exécutif affaibli et une armée de plus en plus influente, le pays semble s’engager dans une phase de transition incertaine, où les équilibres démocratiques risquent d’être bouleversés.
Pour Com d’Afrik, cette prise de position militaire témoigne d’un désenchantement profond face à l’ordre politique établi. Elle interroge aussi la capacité des institutions à préserver la souveraineté populaire dans un contexte où la défiance citoyenne devient un levier de changement.
Si le colonel Randrianirina promet une « continuité de l’État », la réalité politique s’annonce plus complexe : l’armée entre de facto dans la sphère du pouvoir civil, risquant d’alimenter un cycle de contestations et d’incertitudes institutionnelles.
L’avenir immédiat du pays dépendra donc de la manière dont ce nouvel équilibre sera négocié — entre reconstruction politique et risque de dérive autoritaire.