Le second tour des législatives du 11 octobre à Lambaréné continue de susciter des remous politiques.
Battu par Madeleine Rogombé Berre du Parti Démocratique Gabonais (PDG), avec 52,07 % des voix contre 47,93 % pour lui, Paul-Marie Gondjout, candidat de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), conteste le verdict des urnes.
Sur les 10 857 électeurs inscrits, seuls 4 114 se sont rendus aux urnes, soit un taux de participation de 37,89 %.
Un chiffre faible que le candidat battu met en perspective avec ce qu’il qualifie de “climat de peur, d’intimidation et de manipulations mystiques”.
Dans une allocution publique, Paul-Marie Gondjout a dénoncé un scrutin marqué selon lui par “l’argent, les pressions et des incantations mystico-fétichistes”.
Il accuse certains acteurs politiques d’avoir organisé des “cérémonies nocturnes” où des électeurs auraient été contraints de jurer fidélité en échange de contreparties matérielles.
« Nous ne pouvons pas continuer à entretenir la peur et la ruse dans un pays qui aspire à la vérité et à la justice », a-t-il déclaré, annonçant son intention d’introduire un recours en annulation des résultats.
📰 Le regard de Com d’Afrik
Pour Com d’Afrik, cette affaire illustre la fragilité persistante de la culture démocratique dans certaines circonscriptions du Gabon, où la méfiance entre acteurs politiques reste vive.
Les accusations de Paul-Marie Gondjout, bien que sérieuses, soulignent aussi la nécessité pour les institutions électorales de renforcer la transparence et la pédagogie du processus électoral, afin de restaurer la confiance des citoyens dans le vote.
Les propos évoquant des “pratiques mystiques” traduisent une réalité culturelle complexe : la mystification du politique, encore utilisée comme levier d’influence dans certaines zones, témoigne de la difficulté à séparer croyances traditionnelles et pratiques républicaines.
L’enjeu dépasse donc un simple différend électoral : il interroge la maturité du débat démocratique gabonais et la capacité des partis à inscrire leurs luttes dans un cadre institutionnel apaisé.
Quoi qu’il en soit, le recours annoncé par Paul-Marie Gondjout constituera un test de crédibilité pour la justice électorale et, plus largement, pour la consolidation du nouvel ordre politique post-CTRI.