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Gabon–Cameroun : une économie parallèle de plus de 2 milliards FCFA au cœur de la CEMAC

Les échanges économiques entre le Gabon et le Cameroun ne se limitent pas aux circuits officiels.
Depuis 2022, les exportations informelles en provenance du Gabon vers son voisin camerounais sont estimées entre 2,2 et 2,4 milliards de FCFA, selon une analyse du média Business in Cameroon, appuyée sur les données de l’Institut national de la statistique (INS) du Cameroun.

Ces flux, bien que non enregistrés dans les canaux formels, témoignent d’une intense activité commerciale transfrontalière, portée notamment par le riz, la viande et le carburant.
Des produits de première nécessité qui alimentent les marchés des régions frontalières camerounaises, où la demande reste forte et les circuits d’approvisionnement souvent limités.

Le Gabon se positionne ainsi comme un fournisseur majeur et compétitif pour le marché camerounais, profitant d’un différentiel de prix avantageux sur le carburant et d’une logistique de proximité.
Cette dynamique souligne la complémentarité économique entre les deux pays, mais aussi les défaillances structurelles du commerce formel dans la sous-région CEMAC.

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Derrière ces chiffres se dessine une réalité contrastée : celle d’une intégration économique “par le bas”, où les acteurs informels pallient les lenteurs administratives et le manque d’infrastructures de transport adaptées.
Cette économie souterraine, si elle traduit une résilience locale, représente aussi un manque à gagner pour les États en termes de recettes fiscales et de contrôle des flux commerciaux.

Pour le Gabon, ces exportations informelles sont à la fois une preuve de vitalité économique et un signal d’alerte : la nécessité de structurer, encadrer et formaliser ces échanges afin d’en tirer un bénéfice durable.
Dans une région où la libre circulation des biens reste un défi, transformer ces flux parallèles en coopération officielle pourrait devenir un véritable levier d’intégration régionale.

Le défi pour la CEMAC ? Passer d’une économie de frontières à une économie intégrée, capable de capitaliser sur ces échanges pour stimuler la croissance, tout en garantissant la transparence et l’équité.

 

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