Le samedi 11 octobre 2025, une mutinerie partielle a éclaté à Antananarivo, où un contingent de l’armée malgache, le CAPSAT, a pris position au centre de la capitale, sur la symbolique place du 13-Mai. Le président Andry Rajoelina se trouvait, en fin d’après-midi, dans une situation incertaine.
Les mutins, qui avaient appelé en début de matinée leurs collègues à « refuser de tirer » et à « assumer leurs responsabilités », ont été acclamés par la foule, témoin de la montée du mécontentement populaire. Ces événements font suite à plusieurs semaines de manifestations, initialement motivées par des revendications sociales (accès à l’eau et à l’électricité, qualité du système de santé) et progressivement orientées vers des demandes de démission du président, après des répressions violentes.
Le CAPSAT dénonce des pratiques répressives passées, affirmant : « Nous ne jouons plus notre rôle. On est devenus des lèche-bottes… », faisant référence aux violences contre des étudiants lors des manifestations fin septembre, ayant fait 22 morts selon l’ONU.
Face à cette mutinerie, le ministère des Forces armées a appelé à l’unité, tandis que certains régiments restés loyaux à Rajoelina se préparaient à intervenir. Cette situation traduit une profonde crise politique et sociale, exacerbée par des tensions historiques et des frustrations accumulées au sein de la jeunesse malgache.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
La mutinerie du CAPSAT illustre que la légitimité politique ne peut reposer uniquement sur le maintien du pouvoir, mais doit être ancrée dans la satisfaction des besoins fondamentaux des populations.
Pour Com d’Afrik, la situation à Madagascar montre que la jeunesse, désormais mobilisée et organisée, joue un rôle central dans les dynamiques politiques et peut influencer directement la stabilité d’un régime.
Le défi pour Andry Rajoelina et ses institutions sera de répondre aux revendications sociales tout en maintenant l’ordre, car la confiance de la population et de l’armée reste un pilier essentiel pour éviter une escalade plus violente. Cette crise pourrait également servir d’avertissement à d’autres gouvernements africains : la légitimité politique doit se construire sur l’écoute et la réponse aux attentes citoyennes, au-delà de la seule force.