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Budget 2026 : Fitch Ratings met en doute les prévisions économiques du Gabon

Le projet de loi de finances 2026 du Gabon, évalué à 7 233,3 milliards de FCFA avec un besoin de financement de 3 213,3 milliards, suscite de vives interrogations sur la scène internationale.

L’agence de notation Fitch Ratings considère les ambitions budgétaires du gouvernement comme difficiles à concrétiser, évoquant un déficit prévisionnel de 15 % du PIB et une hausse vertigineuse de 570 % des dépenses d’investissement, jugés tout simplement « irréalistes ».

Selon l’agence, ces objectifs risquent d’être compromis par des contraintes majeures de financement, aussi bien sur le marché intérieur que sur le marché international, déjà sous pression dans la zone CEMAC.
Fitch anticipe plutôt un déficit limité à 2 % du PIB et une croissance modérée de 2,6 % en 2026, loin des 7,9 % annoncés par les autorités gabonaises.

Autre point de vigilance : la possibilité d’un nouvel accord avec le FMI reste faible tant que le pays maintient un déficit aussi important. Or, cet appui financier international demeure essentiel pour rassurer les investisseurs, stabiliser le franc CFA, et éviter une nouvelle dégradation de la note souveraine du Gabon (actuellement classée « CCC », catégorie à haut risque).

En parallèle, malgré une baisse prévue de 3 % de la production pétrolière, le gouvernement mise sur une hausse de 36 % des recettes pétrolières, en partie grâce à l’intégration d’Assala Energy. Une opération toutefois financée par emprunt, qui pourrait alourdir la dette publique jusqu’à 90 % du PIB.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Cette mise en garde de Fitch Ratings met en lumière une fracture persistante entre les ambitions économiques affichées et la réalité des contraintes structurelles du Gabon.
Le contraste entre les prévisions gouvernementales et les analyses des marchés financiers traduit un déficit de crédibilité budgétaire qui pourrait fragiliser davantage la confiance des investisseurs.
Le défi pour les autorités gabonaises sera désormais de réconcilier discours politique et faisabilité économique, dans un contexte régional marqué par la volatilité des marchés et la prudence accrue des bailleurs internationaux.
Au-delà des chiffres, ce rapport illustre un enjeu fondamental : restaurer la confiance dans la gouvernance économique du pays par une meilleure transparence et une planification réaliste.

 

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