Le Gabon s’impose comme un maillon incontournable dans la compétition mondiale autour du manganèse, un minerai essentiel pour la production des batteries électriques.
Alors que la demande de véhicules électriques explose, la Chine renforce sa présence au Gabon, pays qui détient les plus importantes réserves de manganèse d’Afrique, évaluées à plus de 200 millions de tonnes.
Depuis 2019, China Molybdenum Co. (CMC) a repris l’exploitation de la mine de Moanda, anciennement gérée par Eramet, et modernise activement ses infrastructures afin d’atteindre un objectif de 3 millions de tonnes produites par an.
Le 1er octobre 2025, une rencontre entre le ministre des Mines, Gilles Nembé, et Wei Guang Hai, PDG de Guangxi Yuanhai Mines, a confirmé l’intérêt de la Chine pour le développement de la transformation locale. Ce projet pourrait générer près de 2 000 emplois directs, en phase avec la volonté des autorités gabonaises de valoriser davantage les ressources nationales.
Si ces investissements ouvrent des perspectives de diversification économique et de création d’emplois, ils posent aussi des questions cruciales liées à la transformation sur place, à l’impact environnemental et à l’équité dans le partage des richesses.
Le regard de Com d’Afrik
L’intérêt croissant de la Chine pour le manganèse gabonais illustre une nouvelle étape de la rivalité économique mondiale autour des minerais stratégiques. Pékin ne cache pas son ambition : sécuriser l’approvisionnement en matières premières indispensables à la transition énergétique.
Pour le Gabon, cette ruée représente à la fois une opportunité et un défi. Opportunité, car elle peut accélérer la diversification économique et réduire la dépendance pétrolière. Défi, car l’histoire récente du secteur extractif montre que l’abondance des ressources n’a pas toujours profité aux populations.
La véritable bataille se jouera donc sur le terrain de la gouvernance. Libreville devra imposer une transparence accrue dans les contrats, garantir des retombées tangibles pour les communautés locales, et encadrer l’exploitation afin d’éviter une dépendance excessive vis-à-vis d’un seul partenaire. Sans cela, le Gabon risque de rester simple fournisseur de matière brute, sans tirer pleinement parti de cette richesse stratégique.