Selon un rapport de la BEAC, le secteur de la microfinance a enregistré près de 178 milliards de FCFA de créances en souffrance en 2024. Un niveau préoccupant qui met en lumière les fragilités des dispositifs de gestion et de contrôle interne de plusieurs établissements de microfinance (EMF).
👉 Cette situation alimente les inquiétudes de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), qui appelle une fois de plus à renforcer la gouvernance et à améliorer la maîtrise des risques.
Dans une région où la microfinance constitue un pilier de l’inclusion financière et un levier d’accès au crédit pour les ménages et les PME, cette montée des impayés menace non seulement la stabilité du secteur, mais aussi la confiance des usagers.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Ces chiffres interpellent. La microfinance, souvent perçue comme une alternative de proximité aux banques classiques, se retrouve face à une crise de crédibilité. L’accumulation de créances en souffrance reflète à la fois la fragilité économique des emprunteurs et les insuffisances de gestion interne des EMF.
Le véritable danger réside dans le risque systémique : si la confiance des ménages et des petites entreprises s’érode, c’est tout le modèle de la microfinance régionale qui pourrait vaciller. Plus qu’une simple question de chiffres, il s’agit d’un enjeu social et économique majeur : protéger la viabilité des institutions tout en garantissant un accès durable au crédit pour les populations les plus vulnérables.