Pour contourner le diktat des délestages électriques, le Port autonome de Douala (PAD) a lancé un projet d’infrastructure énergétique inédit. Objectif : garantir une autonomie totale en électricité sur la place portuaire de la capitale économique.
🔹 Phase 1 : construction d’une centrale de 102 MW (257 milliards FCFA) et d’un gazoduc reliant Kribi à Douala (140 milliards FCFA).
🔹 Phase 2 : extension de la capacité jusqu’à 300 MW sur 10 ans (230 milliards FCFA).
💡 Montant global : 628 milliards FCFA, financés par le partenaire privé dans le cadre d’un PPP de type BOT (Build-Transfer-Operate) d’une durée de 25 ans.
👉 Retombées attendues : création de plus de 1 000 emplois, productivité renforcée pour les opérateurs portuaires et attractivité accrue pour les investisseurs.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Ce projet illustre un tournant stratégique dans la gestion des infrastructures africaines : sécuriser l’énergie pour sécuriser la compétitivité. Face aux coupures chroniques qui freinent l’économie, le PAD prend une voie audacieuse en internalisant la production électrique.
Cependant, cette initiative soulève des enjeux :
- Durabilité et coût : le recours au gaz reste une solution transitoire dans un monde en quête d’énergie verte.
- Gouvernance : l’efficacité du modèle BOT dépendra de la transparence et du suivi contractuel.
- Effet domino : cette initiative pourrait inspirer d’autres ports africains à adopter des solutions autonomes pour contourner les limites des réseaux nationaux.
Au-delà du cas du Cameroun, le pari énergétique du PAD interroge : l’Afrique doit-elle s’orienter vers des infrastructures énergétiques portuaires autonomes pour rester compétitive dans les échanges mondiaux ?