Les données d’Afrobarometer révèlent une fracture territoriale et sociale : l’insécurité est vécue beaucoup plus intensément dans les grandes villes comme Libreville et Port-Gentil que dans les villages reculés.
📊 En 2021, près de 64% des Gabonais déclaraient s’être sentis en insécurité dans leur quartier au moins une fois. Ce sentiment est bien plus marqué en zones urbaines où 1 citadin sur 2 a craint pour sa sécurité, contre seulement un tiers dans les zones rurales.
🌃 Dans plusieurs quartiers de Libreville, l’absence d’éclairage public et d’infrastructures de proximité crée un terrain propice aux agressions. À cela s’ajoute la pauvreté, qui agit comme un multiplicateur de peur : plus de la moitié des ménages pauvres se disent régulièrement en insécurité et expriment une forte défiance envers la police, jugée corrompue par 72% d’entre eux.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Ce constat met en évidence un défi de gouvernance et de cohésion nationale. L’insécurité urbaine ne peut pas être traitée uniquement par la répression ou les contrôles routiers. Elle exige une approche intégrée combinant :
- Renforcement de la présence policière de proximité,
- Investissements dans les infrastructures de base (routes, éclairage, commissariats),
- Politiques urbaines inclusives pour réduire la précarité et l’exclusion sociale.
Au-delà des chiffres, l’étude souligne une réalité cruciale : la sécurité est un droit fondamental. Un pays où les pauvres et les citadins se sentent abandonnés est un pays fragilisé dans sa stabilité. Pour le Gabon, restaurer la confiance et sécuriser ses villes est donc un enjeu à la fois social, économique et politique.