La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) traverse une crise sans précédent.
Depuis plus de deux mois, ses agents, regroupés au sein du SAACCRF, observent une grève illimitée pour dénoncer le manque de réponse à leurs revendications.
Au cœur de la contestation : le directeur général Fabrice Bongo Ondimba, accusé de gérer l’institution « à distance » depuis Dubaï, et pointé du doigt pour une absence de leadership opérationnel.
Les agents réclament :
- la régularisation de leurs carrières,
- la titularisation retardée de nombreux dossiers,
- la restauration des primes,
- et la fin de la décote salariale de 30 %, en vigueur depuis plus d’une décennie.
Ils alertent également sur les conséquences de cette crise : l’affaiblissement de la mission de la DGCCRF, essentielle pour la lutte contre la fraude et la protection des consommateurs, notamment en matière de régulation des prix.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette crise révèle une fracture profonde entre administration et gouvernance. Elle pose une question de fond : comment une institution censée protéger le consommateur peut-elle remplir sa mission si ses propres agents se sentent négligés et démotivés ?
La grève illimitée met en évidence deux urgences :
- une urgence sociale, avec des agents qui réclament reconnaissance et justice dans leur carrière ;
- une urgence institutionnelle, car la régulation économique est directement menacée par cet immobilisme.
Le cas de la DGCCRF est symptomatique d’un défi plus large pour l’administration gabonaise : rétablir la confiance entre dirigeants et personnels, en conciliant vision stratégique et gestion de proximité.
Le sort de cette crise dépendra de la capacité des autorités à répondre rapidement et fermement, car derrière ce bras de fer se joue aussi la crédibilité du service public auprès des citoyens.