À l’occasion de la Journée nationale de la libération, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un message fort : l’indépendance politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une souveraineté économique réelle.
« Une indépendance politique sans souveraineté économique n’est qu’un leurre », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de rompre avec la dépendance aux marchés externes et au modèle d’exportation brute.
Le chef de l’État prône une transformation locale des richesses (bois, pétrole, minerais, cacao, potasse, or…), afin de :
- Créer des emplois pour les Gabonais ;
- Assurer une redistribution équitable ;
- Diversifier l’économie nationale ;
- Réduire la vulnérabilité face aux fluctuations mondiales.
En affirmant : « Nous ne serons plus des exportateurs de matières premières, mais des producteurs de richesses », Oligui Nguema trace les contours d’un changement de paradigme.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
Ce discours marque une volonté claire de repositionner le Gabon sur l’échiquier économique mondial. Mais la question essentielle demeure : comment traduire cette vision en réalité ?
La transformation locale exige des investissements massifs dans les infrastructures, l’énergie, la formation et la gouvernance. Elle requiert aussi une politique industrielle cohérente et stable, capable de rassurer les investisseurs tout en garantissant des bénéfices concrets pour les populations.
Si cette orientation est porteuse d’espoir, elle met également en lumière un défi historique : le passage des intentions aux résultats tangibles. Car sans une mise en œuvre rigoureuse, l’indépendance économique risque de rester un idéal proclamé plutôt qu’une conquête réelle.
Le Gabon se trouve ainsi à un carrefour : choisir entre perpétuer un modèle de dépendance ou bâtir une économie souveraine et durable.