Au premier trimestre 2025, la production de farine de blé au Gabon a progressé de +1,1% en glissement trimestriel et de +1,9% sur un an. Cela représente environ 550 tonnes supplémentaires en trois mois et près de 950 tonnes sur un an, pour une minoterie produisant en moyenne 50 000 tonnes par trimestre.
Cette hausse concerne directement l’aliment de base qu’est le pain. Pourtant, les prix à la consommation racontent une autre histoire : +5,9% de hausse du prix du pain sur la même période. Un paradoxe d’autant plus frappant que l’indice FAO du blé a reculé de -1,6% au niveau mondial.
Concrètement, pour une famille gabonaise dépensant en moyenne 15 000 F CFA par mois en pain, cette inflation représente un surcoût de 900 F CFA mensuels. Le problème se situe moins dans l’offre mondiale que dans les circuits nationaux de transformation et de distribution, encore fragilisés par la dépendance aux importations, les coûts logistiques et un marché peu concurrentiel.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette situation met en évidence un paradoxe structurel : produire davantage ne signifie pas forcément consommer à moindre coût. L’écart entre la hausse de la production et la flambée du prix du pain révèle plusieurs fragilités :
- Une dépendance aux importations qui expose le pays aux variations de change et aux coûts de transport,
- Une concurrence limitée entre minoteries et distributeurs, réduisant la transmission des baisses mondiales vers le consommateur,
- Des chaînes logistiques inefficaces qui amplifient les coûts finaux.
Au-delà des chiffres, c’est la question de la souveraineté alimentaire qui est posée. Moderniser les minoteries, sécuriser des stocks stratégiques et fluidifier la distribution apparaissent comme des mesures incontournables pour stabiliser les prix et garantir l’accessibilité du pain, produit de première nécessité. Sans réformes profondes, les ménages continueront de subir une inflation déconnectée des réalités de la production nationale.