Face aux critiques entourant la récente vague de déguerpissements à Libreville, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à clarifier la démarche de son gouvernement dans un entretien accordé au quotidien L’Union.
Selon lui, ces opérations répondent à une nécessité : assainir l’espace urbain, lutter contre les occupations illégales et accompagner la modernisation de la capitale.
« Les déguerpissements à Libreville répondent à un objectif d’ordre et de développement harmonieux. Le vendredi 15 août 2025, nous avons remis les clés à 260 familles relogées dans le quartier Pleine-Aurétie après leur déguerpissement en juin dernier », a-t-il indiqué.
Le chef de l’État a précisé que l’État a acquis ces villas pour garantir des logements décents aux familles concernées, en concertation avec les populations. Il a également annoncé la construction de près de 1 000 nouvelles unités d’habitation à Mindoubé et Bikélénzon afin de reloger d’autres familles éligibles.
Pour Oligui Nguema, l’enjeu est de conjuguer rigueur et justice sociale :
« Les conflits fonciers, souvent hérités d’années de laxisme, ont engendré des occupations illégales qui compromettent le développement de notre capitale. Nous agissons avec fermeté mais pas sans cœur. »
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Ces opérations marquent un tournant dans la gestion urbaine au Gabon. Longtemps perçus comme brutaux et déconnectés des réalités sociales, les déguerpissements ont souvent laissé derrière eux un sentiment d’injustice. Cette fois-ci, le gouvernement met en avant une approche où fermeté rime avec accompagnement social.
Cependant, un défi majeur demeure : assurer la transparence et l’équité dans la redistribution des logements, afin que le relogement ne bénéficie pas qu’à une minorité privilégiée, mais réponde réellement aux besoins des plus vulnérables.
La stratégie du Président s’inscrit dans une volonté de bâtir une capitale moderne et ordonnée. Mais la réussite de cette politique se mesurera non seulement à la qualité des infrastructures construites, mais aussi à la capacité de l’État à instaurer une confiance durable entre les autorités et les citoyens.