Le Conseil des ministres a adopté une ordonnance portant création de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) ainsi que le décret approuvant ses statuts.
Cette nouvelle société d’économie mixte, détenue à 37 % par l’État et à 63 % par des opérateurs nationaux, se veut un instrument stratégique pour renforcer la souveraineté économique et mieux réguler les marchés.
La CEAG ambitionne de devenir un acteur clé dans l’approvisionnement, la distribution et la maîtrise des coûts, dans un contexte où la régulation des prix reste un enjeu majeur pour la vie chère et la compétitivité économique du pays.
🎙️ Le regard de Com d’Afrik
La création de la CEAG traduit une volonté politique claire : reprendre la main sur la chaîne d’approvisionnement et réduire la dépendance aux circuits dominés par le secteur privé et les importations.
Cependant, plusieurs défis se profilent :
- Comment garantir la transparence et l’efficacité de cette structure, dans un pays où les sociétés publiques et mixtes souffrent souvent de lourdeurs administratives et de gouvernance fragile ?
- La CEAG pourra-t-elle réellement peser sur la baisse des prix pour les ménages, ou risque-t-elle de devenir un acteur de plus, sans impact concret sur la lutte contre la vie chère ?
- Enfin, le partenariat entre l’État et les opérateurs privés saura-t-il trouver un équilibre entre intérêt général et recherche de rentabilité ?
Si le projet réussit, il pourrait marquer une étape importante vers une autonomie économique renforcée. Mais il sera jugé à l’épreuve des faits : celle du pouvoir d’achat des Gabonais et de la capacité du pays à bâtir une régulation durable et efficace.