« Plus on vote, plus on s’éloigne de la démocratie. »
Cette formule choc du journaliste sénégalais Ousmane Ndiaye illustre son approche : provoquer pour mieux inviter à la réflexion.
Fin connaisseur des dynamiques politiques du continent, il consacre son dernier essai à un débat brûlant : la démocratie est-elle une valeur universelle ou un modèle importé, inadapté aux réalités africaines ?
À travers une critique des arguments en faveur du « relativisme démocratique », Ndiaye démonte les idées selon lesquelles la démocratie serait une construction occidentale inapplicable en Afrique. Il en retrace les racines historiques et montre comment, dès la période coloniale, des « fictions démocratiques » ont été imposées et instrumentalisées.
🎙️ Le regard de Com d’Afrik
L’essai d’Ousmane Ndiaye pose une question fondamentale : qu’est-ce qu’une démocratie africaine authentique ?
Son approche rappelle que la démocratie ne saurait se réduire à l’organisation périodique d’élections. Elle suppose aussi une culture politique, des institutions solides, une participation citoyenne réelle et une légitimité ancrée dans les contextes locaux.
L’analyse de Ndiaye invite à dépasser le clivage entre démocratie « importée » et traditions locales. Elle pousse à imaginer des formes politiques hybrides où la participation populaire et la redevabilité des dirigeants deviennent centrales. Dans un continent marqué par des transitions démocratiques inachevées et des régimes autoritaires qui se revendiquent pourtant « démocratiques », cette réflexion est essentielle.
Au-delà du constat critique, le véritable enjeu est de penser une démocratie qui ne soit ni une imitation de l’Occident, ni un rejet en bloc, mais une création africaine, adaptée aux réalités sociopolitiques du continent.