Actuellement exposé au Musée du quai Branly à Paris, un objet sacré pour les Bamendou du Cameroun suscite un profond débat. Selon les traditions locales, la copie restée au pays détiendrait des pouvoirs destructeurs. Le « Rapport sur la restitution du patrimoine africain », rédigé en 2018 par l’historienne de l’art française Bénédicte Savoy et l’universitaire sénégalais Felwine Sarr, révèle que le Cameroun est le deuxième pays le plus représenté dans les collections du musée (après le Tchad), avec 7 838 pièces, dont près de 90 % sont arrivées en France avant son indépendance.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média sensible aux enjeux culturels et mémoriels, nous observons que la restitution du patrimoine africain ne relève pas seulement d’un débat artistique ou juridique, mais aussi d’une justice historique. Chaque objet conservé loin de sa terre d’origine est porteur d’une mémoire collective, d’un savoir-faire et d’une spiritualité qui, en exil, perdent une part de leur sens. Le cas des Bamendou illustre à quel point ces pièces ne sont pas de simples vestiges : elles font partie intégrante de l’identité et de la continuité culturelle des peuples. La question n’est donc plus de savoir s’il faut restituer, mais comment et dans quels délais le faire, afin de rétablir un lien brisé depuis des décennies.