Alors que le Burkina Faso est en proie à une guerre asymétrique depuis plusieurs années, le chef jihadiste Jafar Dicko apparaît de plus en plus comme une figure montante dans les zones hors du contrôle de l’État. Face aux troupes du capitaine Ibrahim Traoré, ce leader extrémiste affirme progressivement son autorité, notamment dans certaines localités du nord du pays.
Dans cette confrontation indirecte pour le contrôle du territoire, un élément surprenant émerge : les deux hommes, qu’ils soient issus des forces régulières ou de groupes armés, s’appuient fortement sur leur entourage familial — une structuration du pouvoir qui rappelle les dynamiques de loyauté tribale ou clanique.
🎙️ Le regard de Com d’Afrik :
La montée en puissance de Jafar Dicko face à un pouvoir militaire en place illustre l’échec – ou du moins les limites – des stratégies sécuritaires mises en œuvre depuis les multiples coups d’État qui ont secoué le pays. Malgré les discours offensifs du régime de transition, la réalité du terrain montre une fragmentation croissante de l’autorité de l’État.
Ce face-à-face, bien que militaire, est aussi politique. En se présentant comme une alternative, Jafar Dicko tente de combler un vide de gouvernance et de légitimité laissé par une junte militaire qui peine à restaurer la sécurité et les services de base dans les zones rurales.
Le recours aux structures familiales, aussi bien par le pouvoir que par les groupes armés, pose un problème de gouvernance moderne : le clanisme devient un outil de contrôle, mais aussi un obstacle à l’instauration d’un État impartial et institutionnel. La lutte contre le terrorisme au Burkina Faso ne pourra aboutir sans un projet de société fort, inclusif et démocratique.