Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a récemment lancé une offensive verbale contre ce qu’il appelle les « hauts fonctionnaires milliardaires », qu’il accuse d’avoir bâti des fortunes personnelles sur le dos de l’État. Ce discours, qui s’inscrit dans une volonté affichée de rupture avec les pratiques anciennes, marque une nouvelle étape dans sa stratégie de moralisation de la vie publique et de lutte contre la corruption.
🎙️ Le regard de Com d’Afrik :
Cette déclaration d’Ousmane Sonko s’inscrit dans une tradition politique populiste assumée, mais elle vient aussi percuter un système administratif sénégalais longtemps accusé d’opacité. En ciblant directement les élites technocratiques, le Premier ministre cherche à incarner la voix d’une génération en quête de transparence, de justice sociale et de redevabilité.
Cependant, si cette dénonciation publique fait écho aux frustrations populaires, elle doit s’accompagner d’actions concrètes et encadrées par l’État de droit : audits indépendants, déclarations de patrimoine, mécanismes de contrôle renforcés. Sans quoi, cette croisade pourrait apparaître comme une posture politique davantage que comme une réforme structurelle.
Le défi est double : restaurer la confiance dans l’administration tout en évitant les règlements de compte politiciens qui fragiliseraient les institutions.