Com d'Afrik

Projet Alembé–Mikouyi : quand finances publiques et intérêts privés s’entremêlent dangereusement

 

Un prêt de 140 milliards de FCFA accordé par la BGFIBank à l’État gabonais pour la réhabilitation de la route Alembé–Mikouyi. En façade, un projet d’infrastructure structurant. Mais en arrière-plan, un imbroglio politico-financier troublant : le contrat est signé par Henri-Claude Oyima, à la fois ministre d’État en charge de l’Économie… et président-directeur général du groupe bancaire prêteur.

👉 Cette double casquette, à la fois au sommet de l’exécutif et de la première institution financière du pays, soulève de graves questions sur la gestion des conflits d’intérêts, la transparence des conditions de prêt, et les limites de l’éthique publique.

Officiellement, les taux d’intérêt et les modalités contractuelles du prêt restent non publiés. Pourtant, les bénéficiaires indirects, à travers la holding familiale Nahor Capital (27 % de BGFI Holding Corporation), pourraient engranger plusieurs milliards FCFA par an – soit bien au-delà de la rémunération ministérielle.

📰 Le regard de Com d’Afrik

L’affaire Oyima est symptomatique des zones grises qui persistent dans la gouvernance post-transition. Le cœur du débat ne se situe pas dans la légalité formelle de l’opération, mais dans la légitimité morale et politique d’un système où l’agent public est aussi partie prenante au profit.

Com d’Afrik constate que ce type de montage renforce une culture de captation oligarchique de la commande publique, dans laquelle chaque grand projet devient un potentiel levier d’enrichissement privé. L’enjeu dépasse le cas Oyima : il touche à la crédibilité de l’État gabonais dans sa volonté de rupture, de justice économique et de bonne gouvernance.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui s’est engagé dans une dynamique de refondation, se trouve désormais face à un dilemme politique. Peut-on porter un projet de République exemplaire tout en tolérant des arrangements aussi ambigus ? Le choix entre continuité feutrée et rupture effective sera un révélateur déterminant du cap réel pris par les nouvelles autorités.

 

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