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Bénin : apparition de militaires à la télévision nationale et annonce d’une destitution, pendant que l’entourage du président Talon assure un retour à l’ordre

Une situation particulièrement tendue s’est développée ce dimanche 7 décembre au Bénin, lorsque des membres des forces armées sont apparus sur la télévision publique pour annoncer qu’ils mettaient fin au mandat du président Patrice Talon. Cette déclaration, présentée comme la décision d’un groupe se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation, laisse planer l’ombre d’une tentative de prise de pouvoir.

Selon ce collectif, réuni le même jour, Patrice Talon aurait été « relevé de ses fonctions ».
De leur côté, les proches du chef de l’État assurent que celui-ci se trouve sain et sauf et que les forces régulières sont en train de neutraliser les auteurs de cette initiative. Une source militaire interne à la présidence affirme que « seule une petite faction détient momentanément la télévision nationale », ajoutant que la capitale Cotonou reste sous contrôle et sécurisée.

L’ambassade de France au Bénin, via un message diffusé sur X, a évoqué des tirs entendus près du Camp Guezo, non loin de la résidence présidentielle, et a recommandé aux ressortissants français de rester chez eux le temps que la situation s’éclaircisse.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

En tant que média africain, nous observons cette séquence avec une attention particulière.
Cet épisode met en lumière plusieurs enjeux majeurs :

  • La fragilité des institutions : bien que le Bénin soit souvent cité comme l’une des démocraties les plus stables de la région, cette irruption militaire rappelle que les tensions internes peuvent surgir même dans des environnements perçus comme sereins.
  • La bataille pour le contrôle de la communication : le fait que les mutins aient priorisé la télévision nationale illustre l’importance stratégique de l’information dans la légitimation d’un coup de force.
  • La nécessité de prudence pour la population : les signaux contradictoires — annonce de destitution d’un côté, reprise en main de l’autre — créent une confusion qui nécessite transparence, vérification des faits et responsabilité médiatique.
  • Un contexte régional volatil : cet événement s’inscrit dans une Afrique de l’Ouest marquée par une recrudescence de prises de pouvoir militaires ces dernières années, accentuant les inquiétudes sur l’avenir démocratique de la région.

Com d’Afrik suivra attentivement l’évolution de la situation afin de fournir une information claire, vérifiée et dénuée de toute spéculation.

 

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