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RD Congo-Rwanda : quel avenir pour les accords de Washington sur la paix et les minerais ?

Le jeudi 4 décembre 2025, les présidents de la RD Congo et du Rwanda ont confirmé à Washington la signature des Accords de Washington pour la paix et la stabilité, sous l’égide des États-Unis. Témoins de la scène : Donald Trump, plusieurs chefs d’État africains et des ministres du Golfe. Ces accords, bien qu’entérinés avec solennité, soulèvent des interrogations quant à leur impact réel sur le terrain.

Selon le chercheur Pierre Boisselet (TV5MONDE), les combats persistent malgré la signature des textes il y a cinq mois, et les problèmes de sécurité et de contrôle des ressources naturelles restent non résolus.

Trois volets majeurs pour un défi complexe

  • Accord de paix et sécurité : il prévoit un cessez-le-feu permanent, le désarmement des forces non étatiques, le retrait des troupes rwandaises et la neutralisation des FDLR par la RD Congo, ainsi que des mesures de justice pour les responsables d’exactions et le retour des 5 millions de déplacés.
  • Intégration économique régionale : ce volet vise à réguler l’exploitation des minerais stratégiques (cobalt, coltan, tungstène, lithium) et à limiter l’opacité des chaînes d’approvisionnement qui alimentent le conflit.
  • Accords bilatéraux avec les États-Unis : ils ouvrent la voie à l’intervention d’entreprises américaines pour l’exploitation des ressources minières, offrant des avantages économiques aux parties, mais soulevant des questions sur la souveraineté et la gestion équitable des minerais.

Un processus encore fragile

Si la signature officielle a eu lieu sous les projecteurs, la mise en œuvre concrète reste incertaine.

  • Les combats dans l’Est de la RD Congo continuent malgré les engagements, selon l’Institut congolais de recherche sur la gouvernance.
  • Le second volet économique dépend de la stabilité sécuritaire avant toute intégration réelle.
  • Les accords bilatéraux avec les États-Unis sont déjà opérationnels, mais ils suscitent des inquiétudes sur l’exploitation des ressources locales au profit d’acteurs étrangers.

Enfin, des déclarations contradictoires – comme celle du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, niant la présence de troupes rwandaises dans l’Est – montrent que la volonté politique reste le facteur clé pour que ces accords deviennent effectifs.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Com d’Afrik observe que ces accords, bien que symboliquement forts, restent plus médiatiques que contraignants. La signature à Washington a offert une vitrine internationale, mais sur le terrain, les réalités demeurent inchangées : les groupes rebelles continuent d’opérer, et les tensions autour des minerais stratégiques persistent.

Le succès dépendra de deux éléments cruciaux :

  • La pression internationale soutenue, notamment des États-Unis, de l’Union européenne et de l’ONU ;
  • La volonté réelle des gouvernements congolais et rwandais, qui doivent traduire les engagements en actions concrètes et transparentes.

Sans ces conditions, les accords risquent de rester des promesses sur le papier, tout en laissant la population et les ressources naturelles dans une situation précaire. Pour Com d’Afrik, cette situation rappelle que la paix durable en Afrique centrale ne peut se limiter à des gesticulations diplomatiques : elle exige des décisions courageuses, un suivi rigoureux et la responsabilisation de tous les acteurs.

 

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