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Procès Roger Lumbala à Paris : 23 ans après, l’opération « Effacer le tableau » jugée pour crimes contre l’humanité

Depuis le 1er décembre 2025, la cour d’assises de Paris entend des témoins venus de la République démocratique du Congo pour relater les atrocités commises en octobre 2002 en Ituri. Ces massacres ont été orchestrés par Roger Lumbala, alors chef de guerre du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N), lors d’une opération tristement surnommée « Effacer le tableau ».

Âgé de 67 ans, Lumbala est poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité, dans le cadre de la compétence universelle qui permet à la justice française de juger des crimes imprescriptibles, quel que soit leur lieu de commission. L’opération, qui visait le contrôle de la Province orientale et de ses ressources minières, a causé près de 170 morts et marqué la mémoire de la région. L’ex-chef de guerre conteste la compétence de la cour et n’assiste pas aux audiences. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

🔍 Le regard de Com d’Afrik

Ce procès illustre la portée et les limites de la justice internationale exercée par la compétence universelle. Vingt-trois ans après les faits, la parole des survivants est enfin entendue sur le sol judiciaire français, offrant une reconnaissance aux victimes et un cadre légal pour la responsabilité individuelle.

Pour Com d’Afrik, l’affaire Lumbala souligne trois réalités :

  • Le temps long de la justice : les crimes de masse peuvent rester impunis pendant des décennies, amplifiant la souffrance des victimes.
  • La compétence universelle comme outil de réparation : elle permet à des États tiers, comme la France, de pallier l’incapacité ou le refus de l’État d’origine à poursuivre ses propres auteurs.
  • La mémoire et la prévention : juger ces atrocités contribue à documenter l’histoire, à rendre visibles les victimes et à prévenir la répétition de tels crimes.

Ce procès n’est pas seulement un jugement individuel ; il est un rappel que la justice, même tardive, peut tendre un fil fragile mais vital entre mémoire et responsabilité.

 

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