Khaled Mohamed Ali El Hishri, 47 ans, ancien dirigeant de la prison de Mitiga, a comparu ce mercredi pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI). Il est poursuivi pour des accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis entre 2015 et 2020.
D’après les éléments rendus publics, El Hishri aurait dirigé ou approuvé des actes de torture, des violences extrêmes, ainsi que des meurtres et des viols infligés à plusieurs détenus sous sa responsabilité.
Cette première audience, centrée sur la vérification de son identité et la présentation des charges, ne nécessitait pas de plaider coupable ou non. L’accusé a néanmoins sollicité une libération provisoire.
La CPI a annoncé que la phase de confirmation des charges débutera le 19 mai, étape cruciale pour déterminer si un procès pourra être ouvert sur la base des preuves présentées.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
L’affaire El Hishri constitue une avancée importante dans le long processus de reddition des comptes en Libye, pays marqué depuis plus d’une décennie par les violations systématiques des droits humains.
Au-delà de ce cas individuel, cette comparution interroge directement la capacité des institutions judiciaires internationales à poursuivre efficacement les responsables de crimes documentés dans des zones instables, où l’État demeure fragmenté et les milices encore influentes.
Pour Com d’Afrik, cette étape judiciaire envoie un message fort : même dans un contexte de conflit prolongé, l’impunité n’est pas garantie. Toutefois, la question de la coopération des autorités libyennes, souvent fluctuante, reste un défi clé pour la poursuite des enquêtes.
L’ouverture de la phase de confirmation des charges en mai sera un moment déterminant, non seulement pour l’accusé, mais aussi pour mesurer la volonté internationale d’assurer une justice crédible pour les victimes.