La justice gambienne rouvre un dossier vieux de plus de deux décennies.
Sanna Manjang, ex-membre des « Junglers », ces escadrons de la mort actifs sous le régime de Yahya Jammeh, a été officiellement inculpé pour le meurtre de Deyda Hydara, correspondant de l’AFP, survenu en 2004, ainsi que pour l’assassinat d’un homme d’affaires en 2006.
Arrêté au Sénégal samedi dernier lors d’une opération conjointe, il a été transféré en Gambie mardi pour répondre de ses actes. L’accusation souligne qu’il aurait tiré sur ses victimes dans le cadre d’une répression planifiée par l’ancien président Jammeh. Cette inculpation constitue un avancement majeur dans le processus de justice pour les crimes de la dictature gambienne.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
L’inculpation de Sanna Manjang illustre que, malgré les années, la justice peut rattraper les responsables des violations graves des droits humains. Le meurtre de Deyda Hydara avait choqué la communauté internationale et symbolise les atteintes à la liberté de la presse sous la dictature de Jammeh.
Pour Com d’Afrik, cette démarche judiciaire envoie un message fort : l’impunité n’est pas éternelle, et les institutions gambiennes cherchent à restaurer la confiance des citoyens et de la communauté internationale. Toutefois, le chemin vers la vérité reste semé d’embûches : témoins, preuves et archives doivent être préservés et exploités avec rigueur pour que les familles des victimes obtiennent justice et que la mémoire de ces crimes soit reconnue.
Cette affaire souligne aussi l’importance de soutenir les journalistes dans des contextes politiques instables, car la protection de la liberté d’informer reste un pilier fondamental de toute démocratie.