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Budget 2026 : discipline financière et achèvement des chantiers prioritaires au cœur de la stratégie nationale

Le mercredi 3 décembre, lors d’un point de presse gouvernemental à l’immeuble Arambo, le vice-président du gouvernement par intérim et ministre d’État de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, a dévoilé les grandes orientations qui structureront la Loi de Finances 2026. Aux côtés de Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective, il a présenté une feuille de route axée sur la rigueur et la performance.

Dans son intervention, le ministre d’État a rappelé l’objectif fixé par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema : restaurer pleinement l’autorité financière de l’État. Pour y parvenir, il appelle à une gestion budgétaire exemplaire, fondée sur une « discipline nouvelle » et un assainissement profond des mécanismes économiques. L’ambition est claire : renforcer la crédibilité des dépenses publiques et stimuler une croissance hors pétrole attendue à 5 %.

Il a également insisté sur l’urgence de réduire les lenteurs administratives et de mettre fin aux dépenses improductives. La préparation budgétaire de 2026 devra reposer sur une meilleure coordination entre ministères et une planification plus stricte afin d’éviter les dérapages et d’accélérer les réformes.

Un budget tourné vers l’efficacité et l’achèvement des projets

La ministre Louise Pierrette Mvono a indiqué que 675 projets ont été recensés à l’échelle nationale. L’une des priorités est d’en accélérer la maturation pour éviter la multiplication d’« éléphants blancs ».
Sur un budget d’investissement de 2 119,2 milliards FCFA, près de 1 000 milliards seront consacrés exclusivement à la finalisation des chantiers en cours — un choix stratégique visant à maximiser les retombées économiques dans les meilleurs délais.

Elle a également rappelé qu’aucune dépense ne sera autorisée en dehors de la Loi de Finances, afin d’éliminer les pratiques hors budget. Une enveloppe additionnelle de 159 milliards FCFA sera dédiée aux études préparatoires, garantissant une meilleure maîtrise technique des projets.

La ministre a enfin appelé à une collaboration plus étroite entre les membres du gouvernement pour fluidifier les procédures et assurer l’exécution optimale des actions prévues.

🔍 Le regard de Com d’Afrik

D’un point de vue journalistique, cette communication gouvernementale marque un tournant dans la gestion publique. L’accent mis sur la discipline budgétaire, la transparence et la finalisation des projets en cours témoigne d’un changement de philosophie : l’État veut rompre avec les cycles d’annonces non abouties et se concentrer sur l’impact réel des investissements.

Toutefois, la réussite de cette stratégie dépendra de plusieurs facteurs.
D’abord, la capacité de l’administration à s’aligner sur les nouvelles exigences de performance, ce qui suppose une transformation culturelle profonde. Ensuite, la mise en place d’un contrôle rigoureux pour éviter les déviations qui ont longtemps affaibli la crédibilité de l’action publique.
Enfin, la finalisation des projets structurants reposera sur une coordination interinstitutionnelle efficace — un défi souvent pointé comme l’un des points faibles de la gouvernance gabonaise.

Si ces engagements sont tenus, le budget 2026 pourrait constituer une étape majeure dans la refondation économique du pays. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la réalité du changement annoncé.

 

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