Com d'Afrik

Assemblée nationale : les députés indépendants laissés en périphérie des préparatifs parlementaires

Alors que le bureau de l’Assemblée nationale poursuit ses travaux en prévision de la session de mars 2026, une question continue de susciter malaise et incompréhension : la mise à l’écart persistante des députés indépendants.
Exclus du bureau dès la séance inaugurale du 17 novembre 2025, ces élus — pourtant regroupés en formation parlementaire reconnue — se retrouvent cantonnés à un rôle passif, loin des discussions qui façonnent actuellement le cadre de fonctionnement de l’hémicycle.

Malgré leur organisation en groupe, comme le prévoit le règlement intérieur, les neuf députés indépendants ne sont ni conviés aux réunions stratégiques ni destinataires des documents préparatoires. Les travaux en cours, qui portent sur des modifications essentielles des statuts internes de l’Assemblée, se déroulent dans une opacité totale, alimentant la perception d’un verrouillage au profit de la majorité.

Une participation freinée dès la répartition des commissions

Les arbitrages en cours concernant l’attribution des commissions permanentes renforcent ce sentiment d’exclusion.
Selon plusieurs sources, la distribution des postes serait déjà finalisée, et le groupe indépendant pourrait n’obtenir que la commission de l’Environnement — un espace jugé périphérique dans l’élaboration des grandes orientations politiques.
Leur président de groupe, tenu à l’écart des réunions, n’est informé qu’a posteriori, sans réelle possibilité d’influencer les décisions.

Cette configuration soulève une interrogation centrale : peut-on bâtir un Parlement représentatif en marginalisant une partie de ses membres, tous élus avec la même légitimité démocratique ?

🔍 Le regard de Com d’Afrik

D’un point de vue journalistique, cette situation met en lumière une fragilité institutionnelle préoccupante. Alors que le pluralisme parlementaire devrait renforcer la qualité du débat démocratique, l’exclusion systémique d’un groupe — certes minoritaire, mais légitime — révèle une pratique politique héritée des anciennes habitudes majoritaires.

La question dépasse la simple organisation interne : elle touche à la crédibilité même de l’Assemblée nationale dans sa capacité à garantir une représentation équilibrée et à fonctionner comme un espace ouvert de délibération.
En excluant les indépendants des discussions structurantes, l’institution prend le risque de fragiliser la confiance des citoyens et d’entretenir l’idée d’un parlement cloisonné, où certaines voix sont tolérées mais rarement intégrées.

Si le bureau souhaite restaurer une dynamique plus saine et conforme aux standards démocratiques, un rééquilibrage est indispensable : accès aux réunions préparatoires, transparence des décisions, et prise en compte réelle des contributions indépendantes.
C’est à ce prix que l’Assemblée pourra pleinement incarner le renouveau politique attendu depuis plusieurs années.

 

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