Au Mali, l’enseignement des langues nationales bénéficie d’un nouvel élan grâce à l’intelligence artificielle. Bien que la Constitution de 2023 ait retiré le français de la liste des langues officielles, il reste omniprésent dans l’école, la politique et l’économie. En conséquence, les enfants continuent d’apprendre à lire et à écrire principalement en français, tandis que des langues comme le bambara, le fulfulde ou le tamashek restent souvent confinées à la communication familiale.
Pour remédier à cette situation, l’organisation RobotsMali, spécialisée dans l’innovation et l’IA, a développé plus d’une centaine d’histoires interactives en langues locales, utilisant des outils numériques avancés. Cette initiative transforme concrètement l’expérience des élèves et facilite l’apprentissage dans leur langue maternelle.
« À l’école, on ne parle que le français », témoigne Clarisse Yasségué Togo, 13 ans, qui souligne que ces histoires en langues locales lui permettent de mieux communiquer avec ses amis et de renforcer son identité culturelle.
Le regard de Com d’Afrik
D’un point de vue journalistique, ce projet illustre comment la technologie peut jouer un rôle crucial dans la préservation et la promotion des langues locales, souvent menacées par la domination des langues étrangères. L’IA apparaît ici comme un catalyseur de diversité linguistique, capable de rendre l’apprentissage plus inclusif et culturellement pertinent.
Pour Com d’Afrik, l’expérience malienne démontre également que l’innovation ne se limite pas aux secteurs économiques ou industriels. Elle peut être un outil stratégique pour renforcer l’éducation, la cohésion sociale et l’identité culturelle. L’adoption de solutions numériques adaptées aux réalités locales constitue ainsi une piste prometteuse pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires.