Afrique de l’Ouest : la peur des migrants expulsés des États-Unis vers le Ghana
Com dAfrik / 3 minutes
13 novembre 2025
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Depuis la mise en œuvre d’un accord migratoire entre Washington et Accra en septembre 2025, plusieurs ressortissants subsahariens sont expulsés des États-Unis vers le Ghana. Certains sont même menacés de rapatriement forcé dans leur pays d’origine.
Une scène dramatique a été rapportée le 6 novembre : une femme d’une cinquantaine d’années, originaire de Sierra Leone, a été traînée manu militari par les agents ghanéens de l’immigration alors qu’elle protestait contre son transfert imminent. Cette opération a eu lieu dans un hôtel d’Accra où un groupe de 19 migrants ouest-africains – Nigérians, Guinéens, Sénégalais, Gambiens, Sierra-Léonais et Maliens – avait été placé sous surveillance depuis leur expulsion.
Aujourd’hui, seuls huit migrants restent confinés, vivant dans des dortoirs avec une seule tenue, sans autorisation de sortie et sous surveillance militaire constante, tandis que certains, notamment les ressortissants nigérians, ont déjà été rapatriés vers leur pays d’origine.
Cette situation met en lumière la fragilité des droits des migrants africains face aux accords bilatéraux internationaux.
Pour Com d’Afrik, ces expulsions rappellent que les politiques migratoires, même négociées entre États, doivent respecter la dignité et la sécurité des personnes.
Les images et témoignages recueillis montrent que, sans mécanismes de protection efficaces, ces migrants restent extrêmement vulnérables, exposés à des décisions administratives qui échappent souvent à tout contrôle judiciaire ou humanitaire.
Cette affaire pose également la question de l’accompagnement humanitaire et social des personnes rapatriées, qui doivent pouvoir bénéficier de soutien, logement et réinsertion dans leur pays d’origine.