Libreville : Pierre Mathieu Obame Etoughe, un nouveau visage à la tête de la capitale
Com dAfrik / 11 minutes
10 novembre 2025
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Ce dimanche 9 novembre 2025, les élections municipales se sont déroulées sur l’ensemble du territoire gabonais, conformément au calendrier fixé par le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions.
À Libreville, tous les regards étaient tournés vers le scrutin pour la mairie centrale — un vote dont l’issue semblait déjà tracée. Sans réelle surprise, Pierre Mathieu Obame Etoughe, candidat de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), a été élu nouveau maire de la capitale gabonaise.
Fort du soutien massif de sa formation politique, majoritaire au sein des conseils municipaux, Obame Etoughe a bénéficié d’un large consensus. Âgé de 56 ans, il apporte à la tête de la mairie une solide expérience administrative.
Inspecteur général technique, ancien Secrétaire général du ministère des Travaux publics, de l’Équipement et des Infrastructures, il s’est notamment illustré dans les chantiers liés à la connexion des territoires et à la modernisation des infrastructures nationales.
Soutenu par des partis tels que l’Union Nationale (UN) et le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM), son élection marque une rupture politique majeure : la fin de l’emprise historique du Parti démocratique gabonais (PDG) sur la capitale.
Cette alternance symbolise un tournant dans la gouvernance locale, nourrissant l’espoir d’un nouveau souffle dans la gestion municipale.
L’arrivée de Pierre Mathieu Obame Etoughe à la tête de Libreville s’inscrit dans une période charnière pour la gouvernance urbaine au Gabon.
Son élection, au-delà du jeu politique, cristallise les attentes d’une population en quête de résultats concrets : amélioration de la salubrité, fluidité urbaine, réhabilitation des routes, et meilleure gestion des déchets.
Mais les défis sont nombreux. Libreville reste une ville en tension entre croissance démographique, précarité des infrastructures et besoins pressants en services publics modernes.
La réussite du nouveau maire dépendra de sa capacité à allier rigueur administrative et proximité citoyenne, à décentraliser la gestion urbaine, et surtout, à faire de la mairie un espace de gouvernance participative plutôt qu’un simple organe politique.
Le changement d’équilibre politique observé dans la capitale pourrait aussi redéfinir les rapports entre l’État central et les collectivités locales, ouvrant la voie à une gouvernance plus autonome, mais aussi plus responsable.
Libreville, longtemps considérée comme un symbole du pouvoir central, pourrait bien devenir le laboratoire d’une nouvelle approche municipale au Gabon — plus transparente, plus efficace et plus proche des réalités du terrain.