Com d'Afrik > Blog > Actualité Afrique > Société > Conflit homme-faune : plus de 1 800 barrières électriques installées pour apaiser la cohabitation avec les éléphants
Conflit homme-faune : plus de 1 800 barrières électriques installées pour apaiser la cohabitation avec les éléphants
Com dAfrik / 16 minutes
10 novembre 2025
0
Face aux dégâts considérables causés par les éléphants dans les zones agricoles, le Gabon poursuit sa lutte contre le conflit homme-faune.
À ce jour, 1 863 barrières électriques ont été mises en place à travers le pays, dans le cadre du programme conjoint entre l’ONG Space for Giants et le gouvernement gabonais.
Cette initiative, impulsée par le ministère des Eaux et Forêts, vise à protéger les cultures tout en préservant la faune sauvage.
Selon l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), ces dispositifs ont déjà montré des résultats encourageants dans plusieurs localités rurales, où la tension entre agriculteurs et pachydermes s’est nettement apaisée.
Le projet de coexistence homme-éléphant, lancé en mars 2025 et financé par l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI), prévoit à terme 1 800 clôtures électriques d’ici mars 2027.
Sur le terrain, les progrès sont notables : 757 nouvelles barrières ont été installées entre mars et octobre 2025, soit un taux d’avancement estimé à plus de 84 %.
Pour Éric Chehoski, directeur national de Space for Giants, cette dynamique « témoigne de la reconnaissance du travail accompli pour concilier la protection de la nature et les besoins des communautés rurales ».
Chaque province devrait bénéficier d’au moins 200 installations, une avancée qui pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre les incursions animales dans les zones cultivées.
Le conflit homme-faune au Gabon illustre l’un des plus grands défis de la conservation moderne : comment préserver la biodiversité sans sacrifier la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations rurales.
L’installation de barrières électriques apparaît comme une solution pragmatique, mais elle révèle aussi les limites d’un équilibre fragile entre développement et préservation.
Si les premiers résultats sont encourageants, le succès de cette initiative dépendra de l’entretien des dispositifs, de la formation des communautés locales et d’une politique durable d’aménagement du territoire.
Au-delà de la technologie, c’est la question de la cohabitation entre l’humain et la nature qui se joue ici — une question symbolique pour un pays dont la forêt couvre près de 85 % du territoire.
Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de repousser les éléphants, mais de repenser la place de l’homme dans un écosystème qu’il partage encore, parfois douloureusement, avec la faune sauvage.