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CNAMGS : Le Général Béatrice Nguema Edzang, une main ferme pour soigner une institution en crise

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) ouvre un nouveau chapitre de son histoire.
Lors d’un conseil d’administration exceptionnel tenu le 7 novembre 2025, le Pr. Général Béatrice Yvette Nguema Edzang a été nommée Directrice Générale de l’institution, en remplacement de Nadia Christelle Koye, suspendue en octobre pour « faits graves et répétés ».

Médecin militaire aguerrie et figure respectée du système de santé gabonais, la nouvelle dirigeante arrive dans un contexte de tension extrême :
💬 des dettes estimées entre 7 et 8 milliards de FCFA envers les pharmacies,
💬 des retards chroniques de remboursement,
💬 une érosion de la confiance des assurés,
💬 et un système administratif lourd souvent critiqué pour son manque de transparence.

Sa feuille de route est claire : redonner souffle et crédibilité à la CNAMGS. Pour cela, plusieurs chantiers prioritaires s’imposent :

  • la réalisation d’un audit global (financier, humain et logistique),

  • la digitalisation des procédures pour les assurés,

  • le renforcement du dialogue avec les structures de santé et les partenaires privés,

  • et la remise à flot de la trésorerie pour assurer la viabilité du modèle social.

Le choix d’un profil militaire n’est pas anodin. Il traduit la volonté du gouvernement d’instaurer rigueur, discipline et efficacité au sein d’un organisme considéré comme le cœur battant de la politique sociale de la Vᵉ République.

📰 Le regard de Com d’Afrik

La nomination du Général Béatrice Nguema Edzang s’apparente moins à un simple changement de direction qu’à une tentative de sauvetage stratégique. La CNAMGS, longtemps symbole d’équité sociale, est aujourd’hui perçue comme un géant affaibli, miné par des retards de paiement, une communication déficiente et un désenchantement profond des bénéficiaires.

En plaçant une médecin militaire à sa tête, le pouvoir cherche manifestement à restaurer la confiance tout en injectant une dose de méthode et d’autorité dans une structure devenue emblématique des dysfonctionnements publics.
Mais le défi est immense : entre dettes accumulées, ressources humaines démotivées et attentes sociales pressantes, la nouvelle directrice devra conjuguer fermeté et écoute, stratégie et compassion.

Le pari gouvernemental est audacieux : faire d’une femme de terrain la chirurgienne d’une institution malade.
Le succès de sa mission ne se mesurera pas seulement en chiffres, mais dans la capacité retrouvée des Gabonais à croire en leur système d’assurance santé.

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