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Côte d’Ivoire : Arrestation de Damana Pickass, un nouvel épisode dans la tension politique post-électorale
Com dAfrik / 6 minutes
7 novembre 2025
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Le climat politique ivoirien connaît un nouvel accès de tension.
Le vice-président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Damana Pickass, figure influente du camp Laurent Gbagbo, a été arrêté le 4 novembre en banlieue d’Abidjan, au lendemain de l’annonce de la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat consécutif.
L’opposant est poursuivi pour appels à l’insurrection et tentative de renversement des institutions.
Son interpellation a provoqué une vague d’indignation au sein du PPA-CI, dont plusieurs cadres dénoncent une instrumentalisation politique de la justice.
Du côté du gouvernement, les autorités assurent qu’il s’agit d’une procédure purement judiciaire, visant à préserver l’ordre public.
Dans les rangs de l’opposition, la crainte d’une répression plus large grandit, alimentée par la mémoire des crises passées et les divisions persistantes entre pouvoir et opposition.
L’arrestation de Damana Pickass symbolise une fragilité politique récurrente en Côte d’Ivoire, où les élections continuent d’agir comme détonateurs de tensions profondes.
Pour Com d’Afrik, cette affaire illustre la difficulté du pays à tourner la page des clivages hérités des crises de 2010 et 2020, et pose une question fondamentale : la Côte d’Ivoire avance-t-elle réellement vers une démocratie apaisée, ou demeure-t-elle prisonnière d’une logique de pouvoir exclusif ?
Si le gouvernement évoque une démarche judiciaire, la perception publique s’oriente vers un retour du réflexe sécuritaire, où toute voix dissidente est assimilée à une menace.
Dans un contexte régional où la stabilité devient une ressource rare, l’enjeu pour Abidjan sera de prouver que la force de l’État ne repose pas sur la coercition, mais sur le dialogue et la légitimité.
La Côte d’Ivoire, moteur économique de l’Afrique de l’Ouest, joue ici sa crédibilité démocratique.
L’histoire récente montre que le traitement des oppositions est souvent le miroir le plus fidèle de la santé d’une démocratie.