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Rougier Gabon : l’activité forestière en recul, un virage vers le marché local

Le groupe français Rougier a enregistré un recul de 18,8 % de son activité au Gabon au premier semestre 2025, selon ses derniers résultats financiers.
Cette contraction résulte d’une production forestière réduite et de difficultés logistiques persistantes dans la chaîne d’exportation.

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 38,7 millions d’euros (soit environ 25,4 milliards FCFA), la filiale gabonaise reste toutefois un pilier stratégique du groupe.
La conjoncture internationale défavorable, marquée par la baisse des prix et des volumes sur le marché mondial du bois tropical, a fortement pesé sur ses performances.

En réponse, Rougier Gabon a recentré son activité : 85 % des ventes sont désormais destinées au marché domestique, principalement aux scieries et transformateurs locaux, contre une orientation historiquement majoritairement exportatrice.

Pour renforcer sa compétitivité, le groupe s’appuie sur sa certification FSC® et se conforme aux exigences européennes telles que le règlement anti-déforestation (EUDR) entré en vigueur en 2023.
Parallèlement, Rougier vise à accroître la transformation locale pour valoriser davantage la matière première sur place et limiter sa dépendance aux aléas des marchés internationaux.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

Le recul de l’activité de Rougier au Gabon illustre les enjeux structurels du secteur forestier africain : dépendance aux marchés internationaux, volatilité des prix et contraintes logistiques.
Le recentrage sur le marché intérieur et la valorisation locale des matières premières constituent une stratégie pertinente pour réduire la vulnérabilité du groupe et stimuler l’économie locale.

Cependant, cette transition soulève des défis : la capacité des scieries et transformateurs locaux à absorber l’offre, la nécessité d’investissements dans la transformation et le stockage, et la mise en conformité avec des normes environnementales strictes.

En tant que pilier stratégique pour l’économie gabonaise, le secteur forestier doit conjuguer rentabilité, durabilité et souveraineté économique, tout en s’adaptant aux exigences des marchés internationaux et aux attentes des consommateurs responsables.

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