RDC : Le M23 structure son propre système judiciaire dans l’Est
Com dAfrik / 17 minutes
6 novembre 2025
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Dans l’Est de la République démocratique du Congo, le mouvement armé M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, a annoncé le recrutement de près de 400 magistrats dans les zones sous son contrôle.
L’objectif affiché : mettre en place un appareil judiciaire parallèle, dans le cadre d’une initiative baptisée “commission de relance de la justice”.
Selon les responsables du mouvement, 475 candidatures ont été examinées, et 378 personnes ont été retenues après évaluation. Une démarche qui traduit la volonté du M23 de renforcer son emprise territoriale et d’asseoir son contrôle administratif, alors que l’armée congolaise peine à reconquérir certaines localités du Nord-Kivu.
Cette annonce marque une escalade préoccupante dans la dynamique du conflit à l’Est de la RDC.
En tentant d’institutionnaliser son contrôle par la mise en place d’un système judiciaire, le M23 cherche à gagner en légitimité politique et sociale, au-delà de la force militaire. Cette stratégie n’est pas nouvelle dans les conflits asymétriques : elle vise à remplacer l’État là où il est absent ou fragilisé, en offrant une apparence de gouvernance.
Pour Kinshasa, ce geste constitue un défi direct à la souveraineté nationale, et risque de complexifier davantage toute éventuelle négociation.
Il interpelle aussi la communauté internationale, souvent critiquée pour son manque de fermeté face à la montée en puissance du M23 et aux ingérences extérieures qui alimentent cette crise.
À terme, si l’État congolais ne parvient pas à restaurer sa présence institutionnelle, la normalisation d’administrations parallèles pourrait redessiner durablement les équilibres du pouvoir dans la région.